Le coronavirus félin, plus connu sous l’acronyme FCoV, est un virus extrêmement courant dans la population féline mondiale. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il n’a rien à voir avec le SARS-CoV‑2 responsable de la pandémie humaine. Le FCoV circule depuis des décennies chez les chats, et la grande majorité des animaux infectés ne développent jamais de maladie grave. Pourtant, ce virus mérite toute l’attention des propriétaires, car il peut parfois évoluer vers une forme redoutée : la péritonite infectieuse féline, ou PIF.
Comprendre le FCoV, son mode de transmission, son comportement et ses risques permet d’adopter les bons gestes pour protéger les chats, en particulier dans les foyers multi‑chats, les élevages ou les refuges.
1. Qu’est‑ce que le coronavirus félin (FCoV) ?
Le FCoV est un virus appartenant à la famille des Coronaviridae. Il existe sous deux formes principales :
- FCoV entérique (FECV) : la forme la plus courante, généralement bénigne.
- FCoV muté (FIPV) : la forme responsable de la PIF, issue d’une mutation du virus initial à l’intérieur même du chat.
Cette distinction est essentielle :
les chats ne se transmettent pas la PIF entre eux.
Ils attrapent le FCoV, et c’est chez certains individus seulement que le virus mute.
2. Un virus très répandu mais souvent bénin
On estime que 80 à 90 % des chats vivant en collectivité (élevages, refuges, pensions, foyers multi‑chats) ont été exposés au FCoV au moins une fois dans leur vie.
Dans les foyers à un seul chat, la prévalence est plus faible, autour de 10 à 40 %.
La plupart des chats infectés :
- ne montrent aucun symptôme,
- ou présentent des signes digestifs légers et transitoires : selles molles, diarrhée, parfois vomissements.
Le système immunitaire contrôle généralement l’infection, et le chat élimine le virus en quelques semaines ou mois. Certains deviennent porteurs chroniques et excrètent le virus par intermittence.
3. Comment se transmet le FCoV ?
La transmission se fait principalement par la voie oro‑fécale :
- ingestion de particules virales présentes dans les selles,
- contamination des bacs à litière,
- partage de gamelles,
- léchage mutuel,
- surfaces contaminées.
Le virus est fragile dans l’environnement : il survit quelques heures à quelques jours, mais il est facilement détruit par les désinfectants classiques (eau de Javel diluée, détergents ménagers).
Les chatons sont particulièrement vulnérables, car leur système immunitaire est immature et ils vivent souvent en collectivité.
4. Pourquoi le FCoV peut-il devenir dangereux ? La mutation vers la PIF
Dans environ 5 à 10 % des infections, le FCoV peut muter à l’intérieur du chat et se transformer en FIPV, la forme responsable de la PIF.
Cette mutation n’est pas due à une contamination extérieure, mais à une réaction individuelle entre le virus et le système immunitaire du chat.
Les facteurs favorisant la mutation incluent :
- stress (déménagement, adoption, chirurgie, mise bas),
- surpopulation,
- cohabitation conflictuelle,
- maladies concomitantes,
- prédispositions génétiques dans certaines lignées.
La PIF se décline en deux formes principales :
Forme humide (exsudative)
- accumulation de liquide dans l’abdomen ou le thorax,
- difficultés respiratoires,
- ventre gonflé.
Forme sèche (non exsudative)
- atteinte neurologique (troubles de l’équilibre, convulsions),
- atteinte oculaire (uvéite, changement de couleur de l’iris),
- amaigrissement progressif.
Sans traitement, la PIF était autrefois presque toujours mortelle. Aujourd’hui, des traitements antiviraux existent et changent radicalement le pronostic.
5. Diagnostic du FCoV : ce qu’il faut savoir
Il est important de distinguer deux types de tests :
Tests de dépistage du FCoV
Ils détectent la présence du virus ou des anticorps.
Ils ne permettent pas de dire si un chat développera la PIF.
Les tests disponibles :
- Sérologie : mesure des anticorps.
Un chat séropositif n’est pas malade ; il a simplement été exposé. - PCR sur selles : détecte l’excrétion virale.
Utile pour identifier les chats excréteurs dans un foyer multi‑chats.
Tests pour diagnostiquer la PIF
Ils reposent sur un faisceau d’arguments :
- analyses sanguines (protéines totales, A/G, globulines),
- imagerie (échographie),
- analyse du liquide abdominal ou thoracique,
- PCR sur liquide ou tissus.
Le diagnostic de PIF est souvent complexe et nécessite une approche vétérinaire complète.
6. Prévention : comment limiter la circulation du FCoV ?
Il n’existe pas de vaccin fiable et largement utilisé contre le FCoV.
La prévention repose donc sur des mesures d’hygiène et de gestion du stress.
Dans un foyer à un seul chat
- Risque faible.
- Nettoyage régulier du bac à litière.
- Éviter les introductions fréquentes de nouveaux chats.
Dans un foyer multi‑chats
- Prévoir un bac à litière par chat + 1.
- Nettoyer les bacs quotidiennement.
- Séparer les zones de vie si possible.
- Réduire le stress (ressources multiples : gamelles, perchoirs, cachettes).
- Éviter la surpopulation.
Dans les élevages et refuges
- Groupes stables et petits.
- Quarantaine des nouveaux arrivants.
- Tests PCR réguliers pour identifier les excréteurs chroniques.
- Désinfection rigoureuse.
7. Traitement : que faire si un chat développe la PIF ?
Depuis quelques années, des antiviraux spécifiques ont révolutionné la prise en charge de la PIF.
Les molécules les plus utilisées appartiennent à la famille des inhibiteurs de la polymérase virale.
Les points essentiels :
- Le traitement est long (souvent 12 semaines).
- Le suivi vétérinaire est indispensable.
- Le taux de réussite est très élevé lorsque la maladie est diagnostiquée tôt.
- Les formes neurologiques ou oculaires nécessitent des doses plus élevées.
La PIF n’est plus une fatalité, mais un traitement sérieux et encadré reste indispensable.
8. FCoV et cohabitation : faut-il isoler un chat positif ?
Dans la majorité des cas, non.
Un chat positif au FCoV :
- n’est pas malade,
- n’est pas dangereux pour les humains,
- peut vivre normalement avec d’autres chats déjà exposés.
L’isolement n’est utile que dans des contextes très spécifiques (élevage, programme d’éradication du virus, chaton fragile).
9. Le FCoV est-il dangereux pour l’humain ?
Non.
Le FCoV est strictement spécifique au chat.
Il ne se transmet pas aux humains, ni aux chiens, ni aux autres espèces.
Conclusion
Le coronavirus félin (FCoV) est un virus extrêmement répandu, souvent bénin, mais qui peut parfois évoluer vers une maladie grave : la PIF. Comprendre son fonctionnement permet de mieux protéger les chats, d’adopter les bons gestes d’hygiène et de réduire les risques dans les foyers multi‑chats. Grâce aux avancées récentes en médecine vétérinaire, la PIF n’est plus systématiquement mortelle, et de nombreux chats guérissent aujourd’hui grâce aux traitements antiviraux.
Si un chat est testé positif au FCoV, il n’y a pas lieu de paniquer : cela signifie simplement qu’il a été exposé, comme une grande partie de la population féline. La vigilance, la réduction du stress et un environnement bien organisé restent les meilleurs alliés pour maintenir les chats en bonne santé.






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