Il y a des chats qui posent, et il y a des chats que l’on surprend. Ceux que photographie Masayuki Oki appartiennent clairement à la seconde catégorie. Depuis plus de dix ans, ce photographe japonais arpente les rues et ruelles du Japon pour saisir, sans mise en scène ni artifice, le quotidien souvent hilarant des chats errants. Grimaces malencontreuses, siestes dans des postures improbables, regards blasés ou complicités félines : chaque image raconte un instant volé, avec ce mélange d’humour et de tendresse qui a fait sa signature. Voici une sélection d’une quarantaine de ses plus beaux clichés.

L’homme derrière l’objectif

Basé à Tokyo, Masayuki Oki documente depuis plus de dix ans le quotidien des chats errants à travers le Japon. Ses photos les montrent tels qu’ils sont vraiment : curieux, endormis, grognons, affectueux, et tout ce qui se trouve entre les deux.

Sa vocation est née d’une rencontre fortuite. Un soir de réveillon du Nouvel An, épuisé, il s’arrête dans un parc et croise le regard d’un chat au milieu du chemin — une rencontre qui, selon ses propres mots, change le cours de sa vie. Cet animal, surnommé Busanyan Senpai, devient sa première muse et le pousse à prendre son appareil dès le lendemain.

Oki n’a pourtant pas touché un appareil photo avant l’âge de 30 ans, et ses débuts n’étaient pas franchement concluants. Amoureux des chats depuis l’enfance sans avoir pu en posséder un lui-même, il a fini par reporter cette affection dans ses photographies. Sa méthode reste artisanale et patiente : il s’efforce toujours de capturer des moments authentiques, sans jouets ni nourriture pour attirer ses modèles, laissant chaque photo reposer sur l’humeur et le comportement naturel de l’animal.

Un détail touchant de son travail : face à la baisse du nombre de chats errants à Tokyo, liée aux campagnes de stérilisation (TNR), il a commencé à se rendre sur les fameuses « îles aux chats » du Japon pour poursuivre ses prises de vue.

Son travail a largement dépassé les frontières d’Instagram, où il rassemble près de 400 000 abonnés : il a publié une dizaine de livres de photos et son travail est régulièrement repris dans des magazines et à la télévision japonaise. Son ouvrage Busa-nyan (littéralement « chats moches ») s’est vendu à plus de 50 000 exemplaires, un joli succès pour un livre qui célèbre justement l’imperfection attachante de ces chats de rue.

40 instants volés dans les rues du Japon

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